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Mise à jour actuelle hebdomadaire

 
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S i t u a t i o n   de    S u i n

 

La montagne de Suin en hiver depuis les Condemines

 

Au sommet de la montagne et sur la butte siègent l'église romane de Suin, la Madone élevée de ses rochers. A droite, deviné au dessus des rochers le belvédère de Suin offre un panorama exceptionnel de 360°.


"En haut du gros caillou, seul saigne le soleil tranché sur la colline (Jade. V)"



 
Ce n’est pas un de ces monts célèbres par leur hauteur. Il ne fait d’ailleurs pas partie d’une chaîne réputée. Il est à l’extrémité des Monts du Charolais. Ceux-ci derniers contreforts des Cévennes sont des collines bizarres, à forme nettement conique, "qui ressemblent à des chapeaux de clown tombés sur la piste de cirque".
Elles ont l’air de vraies montagnes, de pics inaccessibles. Elles sont ravissantes à voir et faciles à escalader. La nature les a comblées en y faisant surgir de superbes échantillons de roches cristallines anciennes, de grès et de granit, où se jouent les violets et les gris.
En écho aux Cévennes, les châtaigniers ne manquent pas ici, comme si le site avait encore besoin d'une embellie l'automne venue !
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Mont Suin se distingue par sa forme élégante et son isolement.
Décrit comme siègeant à 593 mètres d’altitude, une étude et des mesures récentes (2009) donne son altitude à 600 mètres.


Plusieurs chemins durs, mais déjà accessibles aux automobiles en 1934 laissent l’embarras du choix. Tous viennent se rejoindre à 200 mètres en dessous du sommet et finissent par former un toboggan impressionnant où la pente s’accentue et devient émouvante entre les premières maisons resserrées du village



Nous voici sur une petite place assez triste. Prenons le chemin de droite qui contourne l’église, après être passé devant le parvis, il longe l’ancien cimetière et, à travers des rochers, mène au point culminant où se dresse la statue de la Vierge depuis 1885, en lieu et place d'un calvaire qui était dressé là depuis des siècles comme en témoignent les photos du chateau de Suin, dont la gravure qui fût réalisé d'après une estampe de l'an 900. (cf historique)



Nous trouvons là une pelouse inattendue de gazon raz semé de petits buis sauvages et de rochers magnifiques.
Le spectacle est grandiose.
L’horizon se révèle tout entier ; un horizon fait de montagnes aux lignes douces.


Au Nord, voici Mont Saint-Vincent, pic tronqué. Plus loin la montagne d’Uchon derrière laquelle encore les Monts d’Autun, Bibracte, le Mont Beuvray.


A l’Est, le Chalonnais et la « rivière d’argent » , la Saône. Au Sud-Est le Mâconnais ; le pays de Lamartine, la Roche vineuse, Mont Saint Romain ;


Au Sud les Monts du Beaujolais et ses sommets plus élevés, la Montagne de Saint Cyr ; le Mont Botey ; La Clayette et Monsols ;


Au Sud Ouest, les Monts de la Madeleine.




Le matin, au lever du soleil, vous apercevrez le Mont-Blanc par temps clair. Pendant les beaux mois on peut aussi voir quelquefois à la fin du jour ce que précise un vieux dicton :




« De Suin haut perché
On voit cinquante deux clochers »
(Deux passionnés de chiffres, absolument dignes de foi, en ont compté cinquante-cinq à l’aide d’une bonne longue vue.(Roger Beaufils) 







Vous voici au centre d’une immense cuvette, sur une excroissance de roches qui vous la laisse voir tout entière.


C’est le grand silence bleu. Les bruits vulgaires ne montent pas jusque là...


Vous apercevrez en bas des étangs nombreux, des fermes, des châteaux, des chemins tortueux, des roches éparses et des bois de sapins.


 Si vous portez en vous l’amour de la solitude et du recueillement, vous passerez ici des minutes délicieuses à n’écouter autre chose que le bruit du vent.


La vie de chaque jour est suspendue. Vous regardez la Terre ! Comme elle est petite ! Combien vous paraissent petits aussi les soucis qui vous absorbaient hier et qui vous reprendront demain !


Pensez aux assoiffés d’argent, aux affamés de gloire qui forment cette pauvre humanité, ce peuple de petits êtres noirs qui s’agitent en bas, conscient de son importance, ce chaos de petites choses grosses comme des fourmis…


Et puis quand vous aurez assez vu, assez pensé, vous entrerez dans cette église dont l’abside est du XIe siècle et vous y éprouverez une impression rare de calme simple et douce naïveté.


C’est maintenant seulement que commencera notre véritable excursion. Nous en avons une vue d’ensemble. Passons maintenant aux détails.



Mais avant, regardez ces types de paysans et paysannes. Les femmes ont la physionomie dure et fermée des rudes travailleurs mais la moindre parole aimable fait monter sur leurs lèvres un sourire où monte beaucoup de cœur.


Les hommes ont le poil noir et l’œil malin. La peau est tannée, la moustache épaisse, le menton bleu. Ce sont les Suinats. Braves gens un peu sauvages mais qui font vite connaissance.


Depuis toujours ils luttent contre la montagne, le froid, le vent, la sécheresse et le sol maigre. Ils sont marqués du sceau du travail et de la bataille qu’ils mènent contre la terre ingrate qu’ils aiment.


Vous voici en connaissance avec Suin et ses habitants. Il nous reste à approfondir notre étude. C’est ce que nous nous efforcerons de faire les prochains chapitres. Nous parcourrons la montagne pour admirer ses beautés naturelles et ses incomparables panoramas et, ne pouvant garder nos impressions pour nous seuls, nous les dirons à nos amis qui à leur tour viendront voir et admirer.


A toute saison, à toute heure, le caractère du Mont change indéfiniment. Le matin à la fraîcheur c’est la joie du corps ; à midi c’est la joie des yeux ; le soir, c’est la joie de l’âme. Le paysage, plaisant en été, devient grave en hiver et quelquefois tragique. Les effets de neige y sont de toute beauté. Il y a des études de couleurs à y faire très consciencieusement. Il y a des études de mœurs bien amusantes à y entreprendre chez ces rudes paysans accueillants et chaleureux si vous avez le bonheur de leur plaire.


Ils sont raides et solitaires comme le roc sur lequel ils s’appuient et ils en ont la beauté âpre et la rusticité sentimentale qui font retrouver encore dans des coins isolés l’âme de la vieille France.
 

Par 46° 34’ 41 ‘’ de latitude et 9’43’’ de longitude la montagne de Suin fût longtemps décrite comme étant à 593 m d'altitude. Une mesure récente (2009) porte la montagne à 600 m d'altitude.

La butte de Suin est une montagne sise dans le couloir Rhône Saône à l’extrême limite du charolais, dressé devant le Mâconnais comme une sentinelle vigilante qui  veille sur la campagne environnante depuis de nombreux millénaires.
La montagne de Suin avant 1885
carte postale notrefamille.com, (photo François Crétenet selon J Laronze)
Une croix en lieu et place de la Vierge


Photo Jannic Alexa Nicole Lagéniale Debuxy


Six cents mètres de rochers monstrueux sortis des flancs de la terre. On y trouve des pierres excessivement dures (que les paysans appellent des pierres bleues et qui sont déclarées incassables) du grès, du granit, du quartz.

On y recherchait autrefois une sorte de cristal de roche qui servait à la confection de faux diamants remarquables. On les envoyait à Lyon puis Genève. Courtepée (2) rapporte que Madame Desprez, fille (?) du Comte de Tavannes "en avait un collier, des pendants d’oreilles et garniture de montre".





Suin est situé sur la ligne de partage des eaux de bassin du Rhône et de la Loire, qui passe par Chagny, Mont saint Vincent, Le Rousset, La Guiche, Saint-Bonnet-de-Joux, Suin, Dompierre-les-Ormes et Montmelard. Cette ligne suit presque exactement la direction Nord-Sud, de sorte que si vous vous placez face au Nord, vous aurez à gauche toutes les eaux qui vont à l’océan et à droite celles qui vont à la Méditerranée.




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Le climat de Suin, comme celui du Charolais et du lyonnais est le climat rhodanien, plus froid que le climat général parce que loin de la mer. Il est salubre et la pureté de l’air est parfaite par suite de l’éloignement des villes.


En 1779 on compte à Suin 700 communiants. En 1708 ils étaient 330 dont 235 périrent du fait de la famine en 1709 ; alors il restent 95.


En 1934 la commune Suin compte 613 habitants faisant partie du canton de Saint-Bonnet-de-Joux.


C’est la dernière commune du Charolais et du diocèse d’Autun, à l’Est. A 7 km de Saint-Bonnet-de-Joux, 22 de Cluny, 18 de Charolles.


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Terrain sablonneux. Pays de seigle assez pauvre. Un peu d’élevage.







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